Au Burkina Faso - Jules Zanre
Quand la diaspora s’impliquePar Audrey Patry-Moncion
Depuis décembre 2005, Jules Zanre est coopérant volontaire pour Uniterra. Il travaille en suivi-évaluation auprès du RALIS-Bobo, le Réseau des Associations de Lutte contre le Sida et les IST situé à Bobo Dioulasso, seconde ville du Burkina Faso.Le suivi-évaluation a pour but d’assurer une plus grande visibilité aux activités menées sur le terrain par les associations de lutte contre le Sida. La tâche de M. Zanre consiste surtout en la mise en place d’un nouveau système de suivi-évaluation et de la formation des autres personnes chargées de cette activité. Il cherche notamment à établir une liste d’indicateurs qui permettrait de comparer sur une même base les interventions des différentes associations.
D’origine burkinabée, Jules n’est pas un coopérant canadien comme les autres. « Je dois sans cesse expliquer et re-expliquer que je suis un coopérant canadien ! », s’exclame-t-il en riant. Les partenaires restent surpris en le voyant, puisqu’ils s’attendent à rencontrer un volontaire à la peau blanche. Mais monsieur Zanre ne s’en fait pas; « car une fois qu’ils ont compris, ils sont doublement contents ».
Etre Burkinabé représente aussi un avantage énorme pour lui. « Je comprends beaucoup mieux le contexte et les gens m’acceptent plus rapidement » explique-t-il.
Et certaines coutumes d’ici lui procurent des avantages incontestés, comme c’est le cas pour la « parenté à plaisanterie ». Cette pratique permet aux gens de certaines familles de s’insulter lorsqu’ils se rencontrent. Il n’est pas rare n’ont plus que quelqu’un, en apprenant le nom de son interlocuteur l’appelle par la suite son « esclave ».
Ce ne sont bien sûr que des plaisanteries, destinées à alléger l’atmosphère. Mais notre coopérant a su tirer un certain privilège de cette tradition. En effet, il a obtenu du Gouverneur de la région que celui-ci rédige la préface de son manuel de suivi-évaluation. C’est que le Gouverneur ne peut rien refuser à son «chef», en l’occurrence Jules.
Pourquoi est-il coopérant ? Pour être « un citoyen du monde ». Et il y croit profondément. « Nous transmettons aujourd’hui nos connaissances, pour qu’un jour les gens n’en aient plus besoin car ils seront autonomes, alors nos appuis ne seront que ponctuels. »






