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Enjeux du VIH/Sida au Malawi

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Femmes pour un développement équitable - VIH/Sida au Malawi

Profil d’un membre du Manaso
Par Angela Johnston

Soigner les personnes souffrant de maladies liées au VIH/SIDA au Malawi est un travail délicat.  Lorsqu’une soignante de l’organisme communautaire malawien Women for Fair Development (Femmes pour un développement équitable) visite la maison d’un patient, elle commence par se présenter et s’informer de l’état du patient.

Elle donne un coup de main pour accomplir plusieurs tâches comme soulager une diarrhée, chercher de l’eau et nettoyer la maison.  Elle explique aux membres de la famille comment baigner la patiente mais il n’est pas rare qu’elle-même ne dispose pas de tout le matériel requis pour effectuer ce travail : savon, vaseline et gants.  Selon Ruth Mpando, membre de l’organisme, les femmes utilisent des sacs de plastique plutôt que des gants pour se prémunir contre la transmission du SIDA.

À l'origine, l'organisme n'était qu'un petit groupe de femmes échangeant sur le VIH/SIDA qui s’est rendu compte que beaucoup d’entre elles ne savaient pas comment prévenir cette maladie.  Le groupe est devenu l’organisme communautaire Women for Fair Development en juillet 2005.  Aujourd’hui, ses 45 femmes membres animent des thérapies de groupe, offrent des services sociaux et des soins à domicile.  Elles mènent aussi des activités de défense et de promotion des droits des femmes tout en encourageant les femmes à assister à une consultation et à passer volontairement un test de dépistage du VIH dans leur petit édifice en briques de Chirimba, Malawi.

Elizabeth Kangume, sous-directrice de l’organisme, affirme que les femmes n’ont aucune formation régulière en soins à domicile; elles essayent simplement d’aider les malades en mettant à profit leurs connaissances et expériences personnelles.  Elizabeth dit que la question des soins à domicile est importante pour l’organisme parce qu’un grand nombre des femmes sont séropositives pour le VIH ou des veuves inquiètes pour leur propre avenir ainsi que celui de leurs enfants.

Selon Kangume, la nutrition constitue le principal problème observé lors des visites à domicile.  Une grande partie des soins à domicile effectués par les femmes à l’aide de leur modeste équipement n’auront aucun effet bénéfique si la patiente ne se nourrit pas bien — la nutrition a un effet important sur la santé des patientes, notamment lorsqu'elles sont séropositives.

Linnah Matanya, directrice générale de l’organisme, explique que les femmes encouragent les gens à cultiver des plantes nourrissantes dans leur jardin.  Mais cela s’avère souvent impossible pour celles qui sont trop malades pour s’occuper d’un jardin.  Selon Kangume, les intervenantes de l’organisme donnent parfois leur propre nourriture à certaines de leurs patientes.

Comme les membres de tant d’autres organismes communautaires du Malawi, les femmes n’ont pas suffisamment de fonds et de compétences; par exemple, elles auraient besoin d’une formation en rédaction de projets. Pour Matanya, si le groupe disposait de fonds supplémentaires, il achèterait probablement plus de médicaments, de savon et de plantes médicinales traditionnelles. Sans parler de bicyclettes pour se rendre chez les clientes ou de bicyclettes-ambulances pour les transporter.

Néanmoins, les femmes sont fières du bureau qu’elles ont construit. Elles favorisent une ambiance ouverte et libre de honte au sein du groupe.  Aux dires de Matanya, les femmes agissent comme un groupe unifié; il n'y a aucune discrimination — il devient alors possible de convaincre d’autres femmes d’assister à une consultation et de passer volontairement un test de dépistage. Il est important pour les femmes séropositives d’avoir une attitude positive.