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Songtaaba - Karité bio au Burkina Faso

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FECOFUN : Forêt et sécurité alimentaire au Népal

Le Népal est reconnu à travers le monde pour son concept particulièrement avancé de foresterie communautaire dans lequel le gouvernement donne aux communautés environnantes la responsabilité légale des forêts. C’est ainsi qu’un village peut décider et mettre en œuvre de façon collective des activités de foresterie sur une terre de la communauté; les populations locales participent alors à la planification, à l’implantation, à la gestion et à la collecte des peuplements forestiers et reçoivent en retour une forte proportion des bénéfices socioéconomiques et écologiques de la forêt. Ces activités permettent d’alléger la  pauvreté rurale et de gérer de manière durable des régions forestières.

La Fédération des groupes d’usagers de la foresterie communautaire du Népal (FECOFUN) est un réseau formel de groupes de gestion communautaire de la forêt de tout le Népal qui représentent 8,5 millions d’usagers de la forêt. Cette fédération nationale et organisation de mobilisation sociale, établie en 1995, est dévouée au plaidoyer national pour la promotion et la protection des droits des usagers de la forêt, dont la plupart vivent en régions rurales et ont de la difficulté à se procurer deux repas par jour. Généralement, au Népal, chaque forêt a son propre Groupe d’usagers de la forêt communautaire (CFUG) et ces groupes élaborent des plans d’affaires, en plus de donner de la formation à la communauté.

Bien que la conservation de la forêt et la création de moyens de subsistance constituent l’objectif principal des CFUG, FECOFUN ne peut fermer les yeux sur les enjeux bien évidents de la sécurité alimentaire au pays. En effet, le Népal connaît une insécurité et un déficit alimentaires chroniques et est en outre enclin aux désastres naturels, ainsi que le montre les récentes années de sécheresse – en plus d’avoir connu 11 ans de conflits armés.

FECOFUN a donc décidé de mettre en oeuvre des programmes générateurs de revenus spécifiques qui mettent l’accent sur une production alimentaire accrue pour les participants ruraux pauvres. Par exemple, dans les districts de Dolakha and Bajhang, FECOFUN a travaillé en collaboration avec une autre organisation non gouvernementale, Asia Network for Sustainable Agriculture and Biodiversity (ANSAB), pour s’assurer que plus de 14 000 hectares de forêts soient certifiés pour les 21 Groupes d’usagers de la forêt communautaire de la région. Pour être certifiés par le Forest Stewardship Council (FSC), les CFUG doivent suivre 10 principes et répondre à 57 critères qui montrent qu’ils gèrent leur forêt de façon durable, soit écologiquement acceptable, socialement bénéfique et économiquement viable.

Parce que la certification facilite la commercialisation et l’exportation, les communautés ont pu établir des entreprises de papier fait main; ainsi les plus pauvres de ces régions obtiennent aujourd’hui des très bons prix pour le matériau brut récolté en forêt et gagnent donc de meilleurs revenus qu’avant.

Mais ce qui rend ce système particulièrement ingénieux, c’est que FECOFUN et ANSAB ont travaillé avec la communauté pour que celle-ci définisse elle-même les systèmes agricole et alimentaire les plus appropriés à leur région et coutumes. Après plusieurs rencontres avec les parties prenantes, la communauté a eu l’idée d’utiliser les revenus des entreprises de papier fait main pour le bénéfice des plus pauvres des communautés – 10% des profits des parts des entreprises est alloué aux plus pauvres de la communauté.


Photo: Des membres participent à un rassemblement de FECOFUN.
FECOFUN était le plus grand mouvement de la société civile à se joindre au mouvement pour la démocratie au Népal.


Les foyers les plus pauvres reçoivent aussi une concession dans la forêt communautaire pour cultiver des légumes et des céréales, comme des asperges et des groseilles indigènes à la région. Ils utilisent les légumes essentiellement pour se nourrir ou pour nourrir le bétail qu’ils élèvent pour la production de lait. Sans le revenu et les profits de l’entreprise de papier, les plus pauvres de ces communautés ne pourraient pas acheter un lopin de terre. La production excédentaire est aussi vendue et FECOFUN aide présentement les communautés à transformer différents types de produits de la forêt pour créer de l’emploi local supplémentaire. ANSAB aide aussi les communautés à former des coopératives pour avoir accès au marché ainsi que de l’appui pour une négociation collective. Les revenus accrus grâce aux entreprises basées sur la forêt et qui utilisent ses ressources de manière durable ont ainsi apporté une plus grande sécurité alimentaire et une alimentation améliorée, notamment pour les pauvres des communautés participantes.

De cette façon, FECOFUN et ANSAB ont aidé de nombreux villages du Népal à faire le lien entre la foresterie communautaire et la sécurité alimentaire –permettant aux communautés de se procurer une alimentation sécuritaire et nutritive qui correspond à leurs normes culturelles, grâce à un système alimentaire durable qui optimise l’autonomie communautaire et la justice sociale. Le lien entre la gestion durable des forêts et la sécurité alimentaire ne doit pas être ignoré. Dans le monde entier, des forêts fournissent emplois et revenus pour environ 1,2 milliards de personnes, leur permettant ainsi de s’acheter des denrées. Cependant, elles fournissent de la nourriture et des moyens de subsistance pour environ 450 millions de personnes à travers le monde. Les forêts servent par ailleurs à réguler le cycle de l’eau, à protéger les bassins versants, à conserver les sols, à fournir des abris pour les cultures agricoles et à préserver la biodiversité qui peut servir de banque génétique pour des cultures dans l’avenir.

Écrit par Kelli Fraser, volontaire Uniterra avec la FECOFUN