Un espace formidable pour le réseautage des partenaires en éducation


…un espace formidable, une occasion unique pour les partenaires en éducation d’UNITERRA de faire connaissance, de tisser des liens, de voir ce que les uns et les autres font, etc. Pour la première fois, 7 partenaires en éducation du Sud et deux partenaires canadiens du Nord ont pu se parler concrètement, échanger sur leurs pratiques, voir les possibilités de collaboration dans le cadre de UNITERRA et commencer à saisir l’importance du réseautage dans le secteur de l’éducation. Il s’agit de 5 partenaires du Sénégal (ENDA Graph, RISOA (Réseau international et solidaire des opérateurs en alphabétisation), CNOAS (Coordination nationale des opérateurs en alphabétisation du Sénégal), ANAFA (Association nationale pour la formation et l’alphabétisation) et INSERTECH), 2 partenaires du Niger (CFCA (centre de formation des cadres en alphabétisation) et le REPTNI (réseau de l’éducation pour tous au Niger) et  2 partenaires canadiens (FCAF (Fédération canadienne de l’Alphabétisation en français) et le REGPAQ (Regroupement des groupes populaires en alphabétisation du Québec).
Tous ont été emballés par cette expérience et ont décidé d’un commun accord de garder le contact à travers Internet et des portails de discussion sur des thématiques précises, tel des approches innovatrices en éducation non formelle. Ces partenaires sauront-ils relevés le défi du réseautage, tellement stimulant lorsqu’on est tous ensemble, mais combien difficile à maintenir lors que chacun revient chez lui…

Louise Camiré, Chargée de projets Afrique



Partenaires

Partenaires sud-nord en éducation

Alphabétisation et pouvoir des femmes au Sénégal

Roch Harvey, Uniterra

Le Sénégal, comme beaucoup de pays africains, affiche un taux d’analphabétisme de plus de 60%, dont une majorité de femmes. Le programme Uniterra a donc choisi au Sénégal d'intervenir dans le secteur de l'éducation non formelle, particulièrement auprès des femmes, en langue nationale ou en français. Selon Mariétou Dia, spécialiste Uniterra du secteur éducation au Sénégal, l'alphabétisation ne doit pas être une fin en soi mais un moyen pour faire des personnes des agents de développement.

L'alphabétisation au service de la personne
Cette approche qui cherche à habiliter les individus veut se distinguer des pratiques antérieures de l'alphabétisation fonctionnelle qui se limitait à introduire un vocabulaire technique pertinent dans les contenus de formation. Il s'agit désormais, en partenariat avec les opérateurs nationaux du secteur de l'alphabétisation, de mener les personnes apprenantes vers la formation professionnelle, l'apprentissage d'un métier ou la formation en gestion et entreprenariat par exemple. Bref, partir des forces et des compétences des individus et les accompagner dans un apprentissage social et professionnel. Une pareille méthode de travail impose une dimension participative. Les programmes de formation sont élaborés à partir des besoins exprimés par les femmes, en fonction de leurs propres objectifs, de l'impact que peut avoir l'alphabétisation sur leur vie.

Éducation et droits des femmes
Selon Mariétou Dia, « jusqu'à récemment, les organisations de coopération internationale ne s'adressaient qu'aux questions pratiques concernant les femmes : par exemple, l'allègement de leurs tâches grâce à des équipements comme l'aménagement de puits ou l'installation de moulins à farine. Cette approche avait ses points positifs, mais elle confirmait les femmes dans leur rôle traditionnel. Au Sénégal, le CECI est une des premières ONG internationales à travailler sur les enjeux stratégiques et politiques qui déterminent la condition féminine africaine, que ce soit les questions de droit et de citoyenneté, l'équité ou le partage du pouvoir dans toutes les sphères sociales et économiques, de la cellule familiale à la société civile. » Les partenaires nationaux d'Uniterra, comme la Coalition nationale des opérateurs en alphabétisation, réalisent également un travail politique de plaidoyer qui vise la reconnaissance par l'État de l'éducation non formelle.

Sortir les exclus de la marginalité
L'éducation non formelle et l'alphabétisation doivent donc permettre de développer l'employabilité des personnes, de sortir les exclus de la marginalité et d'en faire des citoyens à part entière. Poursuivant dans la même philosophie, le programme Uniterra accompagne maintenant des organisations sénégalaises qui mettent en œuvre des programmes d'éducation non formelle qui renforcent les droits et le pouvoir des femmes : le pouvoir de décision au sein de la famille, le pouvoir d'étudier, le pouvoir de réussir leur vie.