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Congé solidaire

Anne Ohayon - Laboratoires Abbott

Anne Ohayon :  Citoyenne du monde

Avec ses élèves dans le laboratoire d'information - Mali 2007Selon Anne Ohayon, certaines personnes choisissent d’avoir de belles autos alors que d’autres dépensent leur argent à faire des voyages. Anne est une voyageuse.

Avec l’aide du programme Congé solidaire d’Uniterra, elle est devenue une voyageuse qui donne beaucoup aux communautés qu’elle visite.

Cet été, elle partira pour son troisième Congé solidaire.

Avec une formation en mathématique, statistiques et biologie, Anne, 49 ans, est gestionnaire affiliée des opérations dans la division médicale d’Abbott Canada. Lorsque la compagnie a confirmé son support au programme Uniterra en 2006, Anne a eu le privilège d’être la première employée à prendre un Congé solidaire. Sa prochaine étape fut une mission de deux semaines à Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso.

Anne a commencé tôt sa carrière de voyageuse ; sa famille a émigré de Casablanca, au Maroc, à Montréal quand elle avait 10 ans. Ses parents les ont laissé, elle et sa sœur Élizabeth, libres de partir explorer le monde ; ils les y ont même encouragées.

Alors que les gens sont la motivation derrière son travail, la clé du succès de son Congé solidaire, dit Anne, est l’organisation. Sans elle, les objectifs demeurent nébuleux et les progrès limités.

Sa tâche au Burkina Faso consistait à aider des chercheurs locaux en VIH/Sida à organiser leurs données. À son arrivée, elle a constaté l’entremêlement de bases de données indépendantes et la nécessité de les consolider. Avec seulement deux semaines pour défaire ces nœuds, Anne s’est sentie dépassée. « Je n’étais pas préparée la première fois », se souvient-elle, « j’ai donné des recommandations ; j’ai vraiment senti que je n’avais rien fait. »

Or, elle était prête à tout à son arrivée sur le terrain à Bamako, au Mali, lors de son second Congé solidaire en octobre 2007.

À Bamako, elle a enseigné à 62 femmes de la communauté locale comme utiliser Microsoft Excel, Power Point, Word, Internet et le courriel Yahoo.

Alors que certaines femmes se sont rapidement approprié la technologie, d’autres étaient incapables de faire fonctionner la souris. Plusieurs n’avaient jamais vu Internet. Cependant, toutes voulaient apprendre et leur enthousiasme se ressent dans la voix d’Anne lorsqu’elle parle de son expérience au Mali.

« Vous avez des personnes qui veulent tellement apprendre, elles vous répondent, veulent partager et sont très très ouvertes. C’est l’élément humain, dit-elle, qui fait que ça en vaut la peine. »

En tant que nord-américaine influencée par la culture populaire, Anne imaginait les gens des pays en développement comme des témoins passifs et sans ressources. Son expérience de volontaire avec Uniterra a changé sa perception.

Les gens, a-t-elle appris, « sont partenaires de leur propre changement. Voyager ne vous donne pas vraiment une idée de ce qu’ils vivent, de ce qu’ils essaient de changer. Congé solidaire donne un perspective différente », dit-elle.

La veille de son départ de Bamako, Anne a été invitée chez une famille musulmane pour les célébrations du Ramadan. « Tout le monde était élégant, c’était une rencontre de famille », se rappelle-t-elle. Sans parler de la nourriture sensationnelle : viande, couscous, poulet, agneau. Ce fut un adieu chaleureux et inoubliable.

Anne a parlé de son expérience avec Congé solidaire de façon informelle, en conversant avec des amis et amies ou en montrant ses photos à ses collègues d’Abbott. Des histoires à propos de son expérience ont entre autres été publiées dans la  Montreal Gazette et Les Affaires.

Son expérience en a inspiré d’autres. Elle a persuadé un de ses collègues d’Abbott de prendre son premier Congé Solidaire en août. Sa nièce de 19 ans partira quant à elle travailler comme volontaire dans un orphelinat au Sénégal cet été.

« Ce ne sont que des pas d’enfant », dit Anne. « Vous posez de petits gestes, comme faire du bouche à oreille, et vous pouvez changer la vision qu’ont les gens du développement. Vous ne changez pas le monde vous-même. Avec le plus de personnes qui s’impliquent, c’est ainsi que vous pouvez avoir un impact. »

Maintenant devenue une volontaire Uniterra saisonnière, Anne savoure l’idée de faire son prochain Congé solidaire à Hanoi, au Vietnam en août prochain. Elle est tombée en amour avec la ville lors d’un voyage il y a quelques années.

Anne aura son attention tournée vers un nouveau Vietnam cette fois, un qui ne peut être perçu que par une immersion culturelle, en travaillant de pair avec les gens. C’est peut-être ce qui explique pourquoi Anne affirme qu’elle reçoit autant qu’elle donne au cours de son travail volontaire ; ça lui permet de faire un avec ses deux passions : les gens et les autres cultures.

Dans l’ensemble, elle reste modeste par rapport à l’impact qu’elle a sur le développement et elle pense qu’il est naturel de passer à côté de ses compétences. Si vous avez quelque chose, partagez-le, dit-elle.