Alastair Summerlee - Université de Guelph
La passion du volontariat
Il est facile de trouver des volontaires à l'Université de Guelph. Il n'y a qu'à demander au président, Alastair Summerlee, PhD. Lorsque Congé solidaire a lancé sa campagne de recrutement 2008 à l'Université de Guelph, M. Summerlee a été inondé de demandes de la part de professeur-e-s et d'employé-e-s qui souhaitaient faire du volontariat à l'étranger.
Il a fallu refuser de nombreux candidats.
« Plusieurs personnes ont été très déçues », déclare-t-il, malgré le fait que l'Université envoie six volontaires cette année, soit deux de plus que l'an dernier, qui était la première fois que l'Université participait au programme.
En 2007, l'Université de Guelph est devenue la première université au Canada à prendre part au programme Congé solidaire.
« Le volontariat fait partie du système de valeurs de l'Université de Guelph », affirme M. Summerlee. Mais il ajoute que l'Université ne possède aucune qualité spéciale qui serait manquante dans d'autres universités canadiennes. Il se trouve tout simplement que cet établissement « possède une énergie stimulante qui incite les gens à s'engager. Mais je crois que le modèle pourrait se reproduire n'importe où », précise-t-il.
Et pourtant, de l'extérieur, l'Université de Guelph semble poursuivre une mission.
Environ 70 % des étudiant-e-s font cinq heures de bénévolat par semaine. Ils ont établi un record national lors de la campagne Relais pour la vie en recueillant plus de 83 000 $ pour la recherche sur le cancer et près de 120 000 $ pour le programme Meal Exchange. Dès que les étudiant-e-s arrivent au campus de Guelph, affirme M. Summerlee, on leur inculque les valeurs du volontariat.
Congé solidaire est une façon de refléter l'impressionnant engagement étudiant parmi les employés de l'Université. Le programme « a eu un effet considérable sur le moral des professeurs et employés de l'Université, affirme M. Summerlee. Il montre que la direction de l'Université s'intéresse à eux. »
Le programme donne également la chance aux participant-e-s de s'épanouir en s'aventurant dans l'inconnu.
Prenons par exemple la professeure de philosophie Karyn Freedman. Grâce à Congé solidaire, elle s'apprête à partir à un endroit qu'elle n'aurait autrement pu visiter que dans ses rêves.
En septembre, Mme Freedman se rend à Maun, la cinquième ville en importance du Botswana, pour travailler avec un organisme appelé Women against Rape (WAR). Il s'agit d'un projet de développement idéal pour la jeune femme, puisque sa recherche est axée sur la violence faite aux femmes.
Mme Freedman amorce une année sabbatique, et elle considérait déjà la possibilité de voyager en Afrique. « Il serait très difficile pour moi de visiter cet endroit sans Uniterra, affirme-t-elle. Ce projet me donne la chance de faire quelque chose de très significatif pour moi. »
Bien qu'elle donne son savoir-faire professionnel et administratif à WAR, elle insiste que c'est elle qui bénéficiera le plus de cette expérience. Avoir l'occasion de travailler dans son domaine d'intérêt professionnel au sein d'une culture étrangère sera une expérience d'apprentissage sans égal, ajoute-t-elle.
La passion de M. Summerlee pour le volontariat a également attiré l'attention de la grande région de Guelph-Wellington, et même au-delà.
L'Université de Guelph a offert des conseils à des organismes locaux qui prévoient se joindre à Congé solidaire. En fait, M. Summerlee a invité certains représentants à souper. « Nous leur avons présenté des gens qui avaient participé au programme, des volontaires qui leur ont parlé de leurs expériences », précise-t-il.
Depuis, Armtec Ltd., le Collège Humber et The Co-operators se sont joints à Congé solidaire.
Et M. Summerlee pense déjà à la prochaine étape : « ce serait bien de créer un modèle d'engagement communautaire durable, explique-t-il. Il s'agit de construire une communauté suffisamment importante pour entretenir de nouvelles façons de s'engager dans la collectivité mondiale ». « Ce serait merveilleux si la communauté de Guelph parrainait un ou une réfugié-e », ajoute-t-il, en faisant référence au Programme d'étudiants réfugiés de l'Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC). « Il nous faut une masse critique de personnes réellement et personnellement intéressées à prendre en charge ce projet. »
Avec les milliers d'étudiant-e-s à Guelph impliqué-e-s dans la collectivité et les sociétés de la région qui commencent à pousser plus loin les frontières du volontariat par le biais de Congé solidaire, il se peut que ce projet voie le jour avant longtemps.
L'engagement du personnel de l'Université de Guelph dans le programme Congé solidaire a « réaffirmé ma croyance absolue dans la bonté des gens, déclare M. Summerlee. Je me dis parfois que je suis peut-être un peu naïf, ajoute-t-il en riant, mais selon moi, ce genre d'action confirme l'incroyable bonté des êtres humains ».
Congé solidaire offre des postes de volontariat à court terme aux employés d'organisations partenaires. Ce programme fait partie d'Uniterra, le programme de volontariat géré conjointement par l'Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC) et le Centre d'étude et de coopération internationale (CECI).
