Pérou : À la recherche d'eau sécuritaire

Maray est un petit village rural de 35 familles environ, situé dans la province de San José de Sisa, dans le département de San Martín au Pérou. C’est une communauté de hautes forêts et de faibles ressources, établie non loin de la rivière Sisa. Traditionnellement, les populations ont utilisé les eaux de la rivière pour leurs activités quotidiennes. Malheureusement, dans les dernières années, ces eaux ont souffert de contamination suite à la décharge des eaux d’égouts, une situation commune à bien des localités du Pérou.

Maray est un petit village rural de 35 familles environ, situé dans la province de San José de Sisa, dans le département de San Martín au Pérou. C’est une communauté de hautes forêts et de faibles ressources, établie non loin de la rivière Sisa. Traditionnellement, les populations ont utilisé les eaux de la rivière pour leurs activités quotidiennes. Malheureusement, dans les dernières années, ces eaux ont souffert de contamination suite à la décharge des eaux d’égouts, une situation commune à bien des localités du Pérou.

 

L’utilisation de l’eau de la rivière provoque des maladies allant de dérangements intestinaux à des infections de la peau et qui affecte aussi bien les enfants, que les adultes et les ainés. Plusieurs demandes ont été faites aux autorités pour trouver une solution à ce problème, cependant, la réponse demeure insuffisante. Néanmoins, la EPS EMAPA San Martín, qui fournit les services d’eau dans la zone, a assumé la coordination avec la municipalité de Sisa pour la mise en œuvre d’un projet d’alimentation en eau potable pour Maray, un processus qui est trop lent pour soulager les besoins urgents de la population.

C’est dans ce contexte que la volontaire Jennifer Ramkissoon du programme Uniterra au Pérou, et la EPS EMAPA San Martín se sont donnés l’objectif d’établir des liens directs avec la population pour identifier les principaux problèmes reliés à l’utilisation de l’eau potable, tout en réalisant des actions de recherche de solutions avec divers acteurs locaux.

Une des principales difficultés rencontrées est que si la population de Maray reconnait l’importance de l’eau potable, elle croit que son arrivée règlera tous les problèmes de salubrité. En effet, on remarque communément le manque d’observation de bonnes pratiques d’hygiène et d’assainissement. En fait, ce n’est pas seulement un problème d’alimentation de l’eau, mais bien aussi un problème d’attitudes, de coutumes et d’information.

Face à cette situation, il a été décidé de réaliser des ateliers de formation au cours des mois de janvier et février 2012. L’objectif était de promouvoir des changements dans les pratiques d’hygiène et d’assainissement, en traitant trois thématiques de manière ludique : le traitement et la collecte de l’eau, les bonnes pratiques d’hygiène -particulièrement le lavage des mains- et l’élimination des déchets humains (excréments et urine) de façon hygiénique, notamment par l’usage de latrines plutôt qu’en plein air.

De plus, on a offert aux familles des bidons pour récolter l’eau et du matériel de désinfection à utiliser à la maison (des compte-gouttes d’eau de javel) pour inciter les gens à utiliser de l’eau sécuritaire dans un premier temps, en attendant la mise en place d’un système d’eau courante à Maray. Et sur l’initiative de la volontaire, un dispositif maison pour se laver les mains a été mis en place : le robinet à bascule (Tippy Tap en anglais) est constitué d’un bidon en plastique rempli d’eau qu’on suspend entre deux perches; un système de levier fait de bâtons de bois permet de faire basculer le bidon et de se laver les mains à l’eau courante sans toucher au bidon, réduisant ainsi les risques de contamination. Ce dispositif a été accueilli avec enthousiasme par la plupart des familles qui, à partir du modèle élaboré par la volontaire, l’ont reproduit et installé chez eux. Déjà on note des résultats dus aux pratiques sanitaires, sans compter que les liens de confiance entre le personnel de la EPS (dirigé par Jairo Bartra, l’homologue de la volontaire), le personnel des autorités sanitaires et la population de Maray ont été renforcés. Il y a également un début d’utilisation soutenue d’eau désinfectée par les familles, un processus suivi de façon constante.

Par ailleurs, l’équipe poursuit sa promotion du dialogue et des accords entre la population, la EPS et la municipalité de Sisa pour la mise en œuvre d’un système d’eau potable courante pour Maray, car les actions comme les bidons, les compte-gouttes d’eau de javel et les robinets à bascule ne sont que des alternatives temporaires; l’accès à l’eau potable à domicile est un droit citoyen et l’objectif principal à long terme reste la construction d’une usine de traitements des eaux.

 

 

 


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