Claude Phaneuf rêve de retourner en Afrique

Aprés deux ans passés au Sénégal, Claude Phaneuf rêve de retourner en Afrique. 

 

De retour depuis quelques mois d’un séjour d’aide humanitaire au Sénégal, Claude Phaneuf n’a qu’une idée en tête: retourner en Afrique, peut-être même aller y finir ses jours. Le Canada Français l’a rencontré pour en apprendre un peu plus sur le rêve qu’il a enfin pu réaliser grâce à Uniterra, un organisme de coopération volontaire administré par le Centre d’étude et de coopération internationale (CECI).

L’envie de Claude Phaneuf d’explorer l’Afrique ne date pas d’hier. Il a littéralement eu le coup de foudre pour elle en côtoyant des étudiants africains à la chaire de coopération internationale de l’Université de Sherbrooke où il étudiait l’économie.

Il a mis son projet en veilleuse plusieurs années pendant lesquelles il a entre autres été directeur du marketing chez  une filiale de Bell et travaillé pour le compte de l’Union des producteurs agricoles.

«Je suis parti pour l’Afrique  une première fois en 2008 en  tant que conseiller en communication pour un regroupement  de producteurs d’arachides, raconte M. Phaneuf. En 2009, je suis retourné pour un mandat de deux ans au Sénégal comme conseiller en développement  organisationnel avec des producteurs de riz.»

ENTRE VILLE ET RIZIÈRES

Grâce à des amis africains qui pouvaient lui traduire le wolof, la langue locale, Claude Phaneuf s’est établi dans une maison de Saint-Louis, une ville en bordure de l’océan Atlantique. Il voyageait à moto jusqu’aux rizières irriguées par un impressionnant système qui puise son eau du fleuve Sénégal, à la frontière de la Mauritanie.

«Le but de mon travail était d’aider les riziculteurs à augmenter leur production, explique le coopérant. Le riz est l’aliment  de base au Sénégal. Dans le monde, il s’en consomme 54 kilos par personne par année. Au Sénégal, la quantité passe à 74 kilos. Le problème, c’est que le pays produit à peine 10% de ce qu’il consomme.»

Former les agriculteurs au fonctionnement démocratique, établir des plans de travail, organiser l’achat d’engrais en groupe pour produire des semences de qualité, tout ça constitue un travail de longue haleine. «Je faisais partie de la deuxième cohorte d’Uniterra à Saint-Louis. C’est un long processus, convient Claude Phaneuf, mais au moins nous n’avons pas reculé. Le rendement à l’hectare a augmenté de 5%.» 

US ET COUTUMES

En plus de remplir ses fonctions, il a dû apprendre les rudiments du wolof et apprivoiser les us et coutumes du Sénégal, un pays à grande majorité musulmane où la polygamie est permise. «Les  gens se touchent beaucoup. Les salutations sont longues et on  ne lâche pas la main de notre interlocuteur tant qu’elles ne sont pas terminées. Voir deux hommes marcher main dans la main est tout à fait normal, c’est un signe d’amitié. Au début, j’ai vécu quelques malaises à cause de ça!», avoue Claude Phaneuf.

Inutile de dire que le choc du retour lui a été brutal, en particulier à cause de la froideur des contacts. Pendant deux ans, M. Phaneuf  s’était habitué à vivre le moment présent, au rythme des saisons.  «J’ai adoré le projet auquel j’ai participé. L’avantage avec Uniterra, c’est qu’on travaille avec  le vrai monde, pas avec des fonctionnaires», souligne-t-il. 

VALÉRIE LEGAULT

LE JEUDI 24 MAI 2012
LE CANADA FRANÇAIS  

 

 

 


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